Le site de l'Education Nationale a publié la liste des communes ayant assuré un service minimum pendant la journée de grève via le lien suivant : http://www.education.gouv.fr/pid146-cid20771/service-minimum-accueil.html
Le fichier est disponible en PDF mis à jour au 13/05/2008 : Téléchargement educnat.pdf
Il est amusant de voir que Mont Saint Aignan est indiqué comme proposant ce service minimum. Cette information est confirmée sur le site de l'Académie de Rouen : http://www.ac-rouen.fr/rectorat/enseignements_programmes/service-minimum.php
Vous trouverez aussi le communiqué de Presse de l'Académie qui donne la liste des communes ayant signé une convention avec l'Etat : Téléchargement communique241.pdf
Je suis évidemment déçu de ne pas avoir reçu de réponse explicite au mail que j'avais envoyé à la Ville sur ce sujet (du coup, je ne peux que m'en tenir aux informations que je vous ai communiquées dans un précédent message).
Le sujet reste sensible, France 2 consacrant une large part de "A vous de juger" à ce thème.

@jfguillou, j'avais bien compris que cet élève manquait singulièrement de vocabulaire et qu'il avait entendu une insulte (ou voulu entendre) dans l'injonction de l'inspecteur... qui n'était pourtant pas de police.
Vous ne dites pas ce qui s'est passé ensuite. Est-on revenu aux « fondamentaux » avec un bon coup de pied au c** ? Avec cette méthode, la communication passe parfois mieux... :-(
Mais je trouve cette histoire triste comme Clô! trouvait triste la polémique autour de l'accueil des enfants à l'école les jours de grève. (pas de post particulier)
S'agissant de communication, vous connaissez peut-être déjà un livre que j'ai lu et aimé il y a quelques années : Éloge de la parole, de Philippe Breton.
http://www.lien-social.com/spip.php?article379&id_groupe=1
Bonne journée
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 23 mai 2008 à 09:30
NTM : explication de texte...
@ Clô
Je n'ai pas vu passer le post auquel Jean-Pierre Godefroy fait allusion.
@ Jean-Pierre Godefroy
Je n'ai pas dit que c'était drôle, j'ai sous-entendu que c'était révélateur de la difficulté à transmettre. Je m'explique car j'ai l'impression, à vous lire, que vous n'avez pas saisi ce qui c'est réellement passé dans cette fraction de temps d'enseignement. L'inspecteur utilise un vocabulaire que le jeune ne comprend pas : le verbe obtempérer ne fait pas partie de son registre lexical. D'accord ? Mais il entend tout de même quelque chose. Qu'entend-il à votre avis ? Quelque chose où il est question de son père : "ton père", et avant un son dans lequel il y a "ob". Que fait-il de cela, en une fraction de seconde, avec son cerveau de jeune qui ne connaît que la vanne et l'invective ? Croyez-vous qu'il soit capable de penser que le monsieur en face de lui "ne peut pas" être grossier, d'ailleurs comprend-il seulement la notion de grossièreté ? Qu'a-t-il "cru" entendre sur son père ? Voilà. Non, ce n'est pas drôle, mais c'est réel. C'est comme ça que ça se passe, dans les classes et dans leurs têtes. Si cette explication était superfétatoire, pardonnez-moi. Encore un exemple de la difficulté à communiquer, lorsque les expériences diffèrent trop.
Une bonne soirée à tous.
Rédigé par : jfguillou | 22 mai 2008 à 22:43
@jfguillou.
Évidemment, obtempère appelait une réponse et si ce jeune pouvait employer son sens de la répartie autrement, tout le monde serait satisfait...
Mais, je rejoins Clô! car je trouve cette anecdote vraiment triste.
Bien à vous. Bonne soirée
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 22 mai 2008 à 19:04
NTM : une anecdote pour Jean-Pierre ;-)
Cela se passe dans un établissement de la région il n'y a pas très longtemps. Un professeur est inspecté. La séance ne se passe pas trop bien, la classe est agitée, l'inspecteur finit par perdre patience : collègue débordé, élèves impertinents et goguenards. Il décide (fait rarissime) de prendre la place du collègue inspecté afin de lui démontrer par l'exemple ce qu'un enseignant se doit de savoir faire. Hélas, les garnements ne se sentent guère impressionnés par l'inspecteur et le brouhaha ne cesse pas. Excédé, l'inspecteur finit par lancer à un des gamins à qui il a déjà demandé de se taire :
- Mais enfin, obtempère !
- Nique ta mère, toi ! répond le gosse.
Lequel des deux, selon vous, s'était senti insulté le premier ? Tout cela pour dire qu'il n'est pas toujours facile de communiquer, et encore moins de transmettre un savoir, sans parler de savoir-vivre.
Cordialement à vous.
Rédigé par : jfguillou | 22 mai 2008 à 18:42
@jfguillou.
Tout à fait d'accord avec vous sur cette première partie. L'absence de motivation est patent. Vous le dites vous-même, les cancres ont toujours existé. Je dirais plutôt qu'il manque du désir, mais je chipote un peu sur les mots... Comment aider les élèves à désirer apprendre, trouver du plaisir dans l'apprentissage et la connaissance, là, je sèche. Probablement parce que c'est quelque chose de très personnel.
Notre vision diverge en ce qui concerne le pourquoi de la situation. La France a énormément changé depuis 60 ans. Ce changement a accompagné toute ma vie et ce qui me surprend le plus aujourd'hui, c'est la défiance envers la vie et l'avenir. Certes, je ne peux vous assurer en rien que la vie sera rose dans les années à venir, nous allons devoir payer les dettes que nous avons contractées, mais vous connaissez le dicton... qui paie ses dettes... En tous cas, si nous ne restons pas confiants dans les femmes, les hommes, les enfants et l'avenir, nous ne réussirons pas grand chose. Que vous imputiez la responsabilité de cette défiance envers l'avenir au libéralisme et au capitalisme, vous en avez tout à fait le droit, mais je ne pense pas que vous ayez raison. L'incertitude a toujours été là. Je vous rappelle toutefois que notre génération n'a pas connu de guerre et que nous devrions être conscient de notre chance... Aujourd'hui, les risques de guerre en Europe sont extrêmement faibles et ça devrait nous motiver.
L'école a aussi beaucoup évolué dans le temps. Mon grand-père maternel a passé son Certif' tout seul. À l'époque, les instituteurs ne présentaient que les élèves susceptibles d'être reçus. (99 % de réussite :-) Mon grand-père ne faisait pas partie de la charette. Vexé, il s'est inscrit seul et a finalement décroché le diplôme. Il était fier de sa réussite. Il a terminé sa "carrière" comme chef-cantonier, pour ceux à qui ça parle... Donc, la sélection ne date pas d'aujourd'hui. Ma sœur aînée a du passer un concours pour rentrer en sixième... Aujourd'hui on entre quand même au collège comme dans un moulin. À la fac aussi, d'ailleurs. Est-ce vraiment une meilleure chose ?
Les inaptes, les bons à pas grand chose, dans le passé avaient la possibilité d'avoir une place dans notre société, une place pas toujours enviable, certes, mais une place, toutefois. Aujourd'hui, c'est vrai, on les ignore. Il faut dire que l'on pouvait être chiffonnier (chiff'tir), marchand de peaux d'lapin, vannier, "gars de batterie"... Aujourd'hui, le coût du travail est tel que ce n'est plus possible de faire un "petit métier" qui autrefois permettait de survivre. Alors, à votre question, je répondrai, je ne sais pas. Mais il me semble que des solutions sont à trouver ailleurs que dans un assistanat dévastateur...
PS. Je n'ai rien dit sur les profs. Pourtant, j'ai quelques anecdotes... ;-)
Bonne soirée
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 22 mai 2008 à 17:36
C'est tout le dilemme : plus il y a de sécurité, moins il y a de liberté, plus il y a de liberté, moins il y a de sécurité ... encore un principe de vases communiquants ! La « flexi-sécurité » ou « flexsécurité » est, ni plus, ni moins, qu'un équilibrage, présenté par les Libéraux ! Or, quelle pensée se développe aussi bien que celle qui permet de se transcender, surmontant les difficultés qu'elle peut générer pour évoluer vers une dimension supérieure !? La pensée libérale. Parce qu'elle n'est pas esclave des dogmes, ou du moins ne subit-elle pas leur influence, contrairement à d'autres formes systémiques.
En effet, la société libérale est compétitive et concurrentielle. Certes, la sélection doit être une règle, mais pas seulement parce qu'elle choisit les « meilleurs » mais parce qu'elle permet l'émulation. Ainsi la société libérale conçoit, et c'est une position que je défends fermement, que les chances doivent être données à tous et à chacun, sans distinction de ressources. C'est pourquoi l'école est gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans. Je préfèrerais que ce soit jusqu'à 20, et que chacun puisse affronter, soit la vie active, soit la poursuite d'études plus poussées. Sachant que, comme vous l'évoquez, les libéraux ont tendance, pour la plupart, à préferer l'expérience au diplôme. Le diplôme, finalement, n'est que la garantie d'une méthode de raisonnement appelé à s'appliquer. Ce n'est pas le diplôme qui fait les compétences, c'est l'expérience de l'individu.
Ceux qui ne réussissent pas le bac ? Toutes les personnes que je connais dans ce cas s'en sortent plutôt bien, et cela ne les empêchent pas d'exercer un emploi qui correspond à leurs aspirations et dans lequel ils ont tout pour s'épanouir, certains devienant d'ailleurs leurs propres patrons très vite ... et je peux vous assurer, en tant que chef d'entreprise, que patron est un métier qui ne s'apprend bien que sur le terrain et par expérience ... !
On ne vire personne dans l'Entreprise France, et on ne met pas au placard (du moins dans ma vision idéale, qui est parfois loin de la réalité, je vous l'accorde bien volontiers !). Rien ne se crée, rien ne se perd ... tout se transforme. On adapte, on perfectionne, on complète, on répartit, on recycle. Une molécule, pour être stable, doit disposer de toutes ses composantes. Sans quoi, elle n'existe plus, purement et simplement.
Si vous le voulez bien, nous poursuivrons cet échange un peu plus tard ... je dois filer au studio de Radio HDR pour parler, entre autres sujets, de la grève d'aujourd'hui ... soyez à l'écoute, si le coeur vous en dit (18h10-19h00 sur 99.1 FM).
Cordialement,
SRDF
Rédigé par : Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | 22 mai 2008 à 17:05
AU LIBERALISME, L'ECOLE DE LA REPUBLIQUE RECONNAISSANTE.
@ srdf et jpg
Le constat sur les difficultés de l'Ecole, les enseignants le font chaque jour : élèves en difficulté, mais surtout peu motivés. Des cancres à l'Ecole, il y en a depuis qu'elle existe. Mais ce qui est nouveau, et que les enseignants constatent à chaque heure de cours, c'est un dérèglement comportemental généralisé : incapacité à se concentrer, à envisager un travail dans la durée et un sens à ce qu'on leur demande de faire. Et des parents parfois braqués contre les enseignants et réciproquement (l'habitus sarkozien ne va pas nous aider sur ce point).
La question qui m'intéresse, c'est pourquoi cette situation ? Vous dites : moyens mal employés, système inadapté, et en sous-entendu profs peu performants car ignorant la concurrence qui est la pierre angulaire de l'idéologie libérale. Soit, mais je propose pour ma part une autre approche. Il se trouve qu'elle met moins en cause le système scolaire républicain et laïc que les dérèglements globaux provoqués par les excès du capitalisme libéral mondialisé :
1) Nous sommes proprement incapables de décrire à nos enfants des perspectives d'avenir (hormis Jacques Attali, qui est un génie). L'incertitude la plus absolue règne sur ce qui se passera dans un an, cinq ans, dix ans. Or les missions de l'Ecole ont été conçues dans le cadre d'une République et d'une société stables et pérennes. Cette absence de lisibilité décrédibilise totalement notre mission d'enseignant ("à quoi ça sert ?" - votre approche purement utilitariste de l'Ecole a, sur ce point, totalement conquis les esprits -, "à quoi bon ?") Or cette absence de lisibilité, de sécurité, c'est au libéralisme qu'on la doit. Alors on invente la "flexi-sécurité"...
2) Le modèle capitaliste libéral financier mondialisé se défie des diplômes et renacle à la formation (sauf le formatage "maison" dont les procès sont parfois à la limite de la manipulation des consciences - je lisais ailleurs un billet comparant l'Ecole à une secte; que dire alors des entreprises ?). Formation générale (culture générale = ciment de la nation) : inutile perte de temps. Visons le pratico-pratique, l'immédiatement exploitable. Ne faites pas perdre de temps à mon enfant en le gavant d'un savoir économiquement improductif. Résultats : des générations d'ingénieurs à la fois hypercompétents dans leur domaine et totalement ignares par ailleurs.
3) La société libérale est compétitive. Vous ne me contredirez pas sur ce point ? Elle tend même à le devenir encore plus. Quelle en est la conséquence ? Je prends pour exemple le lycée et le taux de réussite au bac (il y avait récemment un classement local des établissements dans nos journaux). Comment obtient-on un taux de 99,9 % de réussite au bac ? Soit vous me répondez que la pratique d'une religion (je ne dis pas laquelle) est un soutien moral précieux favorable aux apprentissages et à la réussite ("à bas l'école des diables!"), soit vous m'accordez qu'on ne parvient pas à un tel "score" sans pratiquer une sélection préalable. Tout le monde le sait, mais on n'aime pas en parler. Pourquoi, je me le demande (j'aurais pu prendre l'exemple d'un club de foot professionnel, mais jpg etc.) La question donc dès lors : que fait-on des inaptes, des bons à pas grand chose, des sous-doués, des handicapés, des fatigués, des dépressifs. On peut estimer leur poids à 20 % dans nos sociétés, mais ça monte... On fait quoi ? On construit des murs, on engage des compagnies de sécurité pour se protéger des bandes errantes sans foi ni loi ? On tire dans le tas s'ils deviennent trop menaçants ? C'est ce qui se profile aux Etats-Unis. Les vieux se retranchent dans Fort Alamo : tant mieux pour eux, ils ont les sous. Et à propos de ce pays, modèle libéral par excellence, pouvez-vous nous faire un topo sur son système éducatif (je ne parle pas des universités d'élite, mais de l'enseignement de masse, celui qu'on dispense aux pauvres pas géniaux, aux noirs quelconques, aux hispaniques ordinaires ?).
Bref, ce que je vous demande, c'est de nous expliquer ce que l'entreprise "France" fait avec le personnel inefficace ? On les vire ? Mais où ?
Rédigé par : jfguillou | 22 mai 2008 à 16:16
@SRDF, merci pour ce long post. En ce qui me concerne, vous prêchez un convaincu... :-)
« Ce n'est pas une honte de ne pas avoir le bac, si au final on s'épanouit dans sa vie et dans son travail. » Vrai, je suis témoin, fort de mon unique « Certif' ». Quoique parfois, je me sens en décalage avec des personnes dont la formation est surtout scolaire et universitaire. Affaire de méthode et de vécu, sans doute... :-)
Si les remèdes à la formation initiale, primaire, secondaire et supérieure sont relativement connus, c'est en effet pour la formation continue que le problème reste entier.
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 22 mai 2008 à 10:07
Je vous livre, en complément de réflexion, la position du Parti Libéral Démocrate, dont je suis l'un des constituants, sur l'enseignement :
"Dans une économie de la connaissance, la formation constitue un enjeu majeur. Qu'il s'agisse de l'apprentissage des savoirs fondamentaux (lecture, écriture, mathématiques), de l'Université ou de la formation continue, un enseignement de qualité est essentiel pour donner aux Français les meilleures chances de trouver leur place dans un monde ouvert. Tout au long de la vie, ils doivent pouvoir accéder à un enseignement leur permettant de trouver un emploi et de s'épanouir.
Or, le système scolaire actuel ne permet plus d'obtenir des résultats satisfaisants. 25% des élèves de 6ème ne savent pas lire ou éprouvent de grandes difficultés à le faire. De trop nombreuses formations à l'Université ne sont pas qualifiantes et ne permettent pas de trouver un emploi stable. La formation continue est régulièrement dénoncée comme une gabegie bien inefficace.
Derrière la prétendue gratuité de l'école en France, on oublie qu’un élève de collège coûte environ 8000 euros aux contribuables tous les ans. A ce prix, comment ne pas être surpris de l'état des infrastructures scolaires, du niveau d'équipement (beaucoup de craies mais seulement 1 ordinateur pour 10 élèves environ) et des classes surchargées : on serait en droit d'attendre une autre qualité de service. Cette pseudo-gratuité de l'enseignement cache surtout un budget principalement affecté aux innombrables personnels (professeurs certes, mais aussi personnels des rectorats, inspections académiques, centres de documentation, d'orientation, de formation...), tous bénéficiant d'une avancée de carrière programmée quels que soit leur implication et leur degré de performance.
Remplaçons le collège unique par une réelle autonomie des établissements aussi bien en matière de recrutement, de choix budgétaires que d'enseignements. L’émulation entre enseignants et entre établissements doit conduire à une logique d'efficacité et de constante adéquation des enseignements aux évolutions sociales, économiques et technologiques. Le privilège d'emploi à vie des enseignants décourageant les initiatives et les réformes, il faut lui substituer un contrat de droit privé en introduisant une rémunération et en donnant des opportunités de carrière en fonction du dynamisme et de l'investissement personnel de chaque enseignant.
Substituons le "chèque scolaire" à la carte scolaire. Finançons les élèves et non plus une institution au fonctionnement coûteux, opaque et peu efficace. Ils choisiront alors les établissements de leur choix, c'est-à-dire ceux susceptibles de fournir les enseignants, les programmes et les moyens que les familles trouvent les plus aptes à la réussite de leurs enfants.avec le collège unique et les programmes monolithiques décidés par un corps d'inspecteur déconnecté de la réalité sociale et des attentes du monde économique. Diversifier les formations d'enseignants afin d'avoir un large panel de compétences : certains élèves nécessitent d'être pris en charge par des éducateurs qui leur réapprennent avant tout les bases de la vie en société et non par des jeunes enseignants désoeuvrés car seulement formés à la transmission du savoir académique (suppression du monopole de la formation des enseignants)
Solutions individualisées de formation et d'orientation en fonction des capacités des élèves. A tort, on a parfois tendance à mesurer la réussite au diplôme. La réussite des élèves ne se mesure pas au taux de passage dans la classe supérieure ou au taux de réussite à un diplôme. Ce n'est pas une honte de ne pas avoir le bac, si au final on s'épanouit dans sa vie et dans son travail. Ce que la création de diplômes sanctionnant un certain niveau aboutissant à une orientation judicieusement sélective devrait permettre.
Multiplions les formations à vocation professionnelle et restreignons les filières purement académiques à certains profils d'étudiants. Donnons une large autonomie aux universités en matière de financements, de choix de personnels, de mise en place d'enseignements et de diplômes en libre coopération avec la sphère économique afin de favoriser les adéquations entre offres de formation et demandes de compétences.
Poussons l'autonomie de l’Université au bout de sa logique. Les Universités doivent disposer d’une totale autonomie afin de fixer elles-mêmes les conditions d’entrée (qui éviteront d’avoir un élève sur deux en situation d’échec), le montant des frais de scolarité et les partenariats qu’elles souhaitent établir avec des fondations ou des entreprises. En supprimant le monopole de collation des diplômes, rien ne doit plus s’opposer à la création d’Universités libres et diplômantes.
Refonte en profondeur de la formation continue. Les 23 milliards d’euros annuels qu’elle coûte aux entreprises finissent en bonne part dans la trésorerie des organismes de prélèvement, annexes syndicales opaques, et ne financent par toujours des formations dignes de ce nom comme le révèlent régulièrement les rapports sur la question. Indispensable pour aider les reconversions et la mobilité professionnelle, son financement et son organisation méritent d’être revues en profondeur."
source : www.lepartiliberal.fr
;-)
SRDF
Rédigé par : Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | 22 mai 2008 à 03:18
@ jfguillou :
Ce sera un plaisir d'échanger avec vous, JPG, Clô! et d'autres commentateurs capables d'échanger intelligement et en amenant quelque-chose de constructif au débat ... après la lecture et la réaction à quelques autres commentaires plus "plancher des vaches" que "élévation spirituelle" (au sens propre et non quasi religieux du terme !), ça ne peut que faire le plus grand bien !
Bien à vous,
SRDF
Rédigé par : Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | 20 mai 2008 à 08:29
@ Jean-Pierre Godefroy
Merci pour le complément. Je vois, à vous lire, que nous sommes probablement d'accord sur beaucoup de choses, et tout particulièrement sur l'impératif humaniste. A propos du libéralisme, vous auriez pu ajouter qu'il ne fut pas simplement économique, mais aussi politique, et qu'on lui doit tout simplement la démocratie moderne et les droits de l'homme. Tout comme vous, je ne suis ni un niveleur, ni un égalitariste. Mais plutôt que de raisonner en termes d'élite et de masse (ce qui n'est pas votre cas) je préfère penser en termes de différences et de complémentarités. La question est de savoir comment construire une société où chacun aura quelque chose à apporter à la constitution du bien commun et où ceux qui réussiront ne le feront pas au prix de l'asservissement et l'appauvrissement du plus grand nombre (ma liberté, celle de jouir de mes talents et de mes capacités, s'arrête où commence celle des autres). Et mon devoir de solidarité commence là où s'épuise la capacité de l'autre à réussir aussi bien que moi. Malthus récuse cette notion de solidarité dans la mesure où elle trouble selon lui la loi naturelle qui condamne le faible et où elle menace l'ordre public en donnant à croire au faible qu'il pourrait jouir des mêmes droits humains que le fort.
@ Clô
J'essaye de ne pas trop dévier du sujet :-)
@ SRDF
J'ai lu et je relirai votre post concernant l'Education. Permettez-moi d'y revenir un peu plus tard. Le noeud du problème est toujours le même : une société juste, harmonieuse et performante peut-elle naître de la simple initiative individuelle et du jeu des intérêts particuliers ? Dans une société seulement constituée d'individus vertueux (c'était le postulat de l'Angleterre puis de l'Amérique puritaines), oui. Mais est-ce là le spectacle que nous montrent le capitalisme industriel des XIXe et XXe siècles, et le capitalisme financier du XXIe ? Ce dernier, tout particulièrement ignore et la vertu, et la morale. Cela étant, nous en viendrons peut-être à distinguer dans nos échanges capitalisme et libéralisme...
A vous tous une très bonne soirée.
Rédigé par : jfguillou | 19 mai 2008 à 18:51
Et dire que certains ont trouvé il y a peu que mes commentaires n'apportaient aucune qualité au débat sur ce blog ... lol ... je crois que je vois la hauteur que prennent nos échanges, ses contributeurs n'ont pas à rougir de leurs commentaires. C'est curieux comme il est certains pseudos qui n'apparaissent guère dans ce niveau de commentaires ... Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est le jugement d'une capacité de présence ...
;-)
Ainsi, pour compléter et intervenir sur quelques commentaires précédents – des plus intéressants – je reviens sur quelques positions libérales sur l'Education.
Selon certaines pensées libérales que je partage, l'Etat a un rôle à jouer dans l'éducation, basé sur le principe de méritocratie, en permettant aux personnes issues des milieux les moins favorisés d'accéder à un niveau d'instruction qui dépend plus d'eux-mêmes que des ressources de leur famille. Cependant, et contrairement à la pratique répandue, cette participation de l'État ne se ferait pas par l'existence et le maintien d'établissements scolaires publics mais par une distribution de moyens directement auprès des personnes concernées - par exemple sous forme de chèque-éducation, acceptés par certains établissements privés.
Les libéraux sont en général opposés aux réglementations étatiques contraignantes qui aboutissent à l'absence de sélection au mérite (et partant à la dévalorisation des diplômes), au «collège unique», à la «carte scolaire» (interdiction de choisir son établissement), à l'enseignement indifférencié, etc.
Pour les libertariens, il est injuste de forcer une personne, via l'impôt, à financer l'éducation d'autrui. L'enseignement est donc un service comme les autres, que des individus ou des entreprises vendent à des clients. S'il était appliqué, ce modèle aurait de nombreux avantages sur le plan de la qualité de l'enseignement. Outre les bénéfices tirés de la concurrence entre établissements scolaires et écoles de pédagogie, la délivrance des principaux diplômes ne serait plus un monopole, ce qui permettrait de valoriser de manière optimale les acquis des étudiants.
Le financement des études qui pourrait résulter de ce système est aussi supérieur à la formule de l'instruction publique gratuite. Ce marché, en plus d'intéresser les banques, pourrait voir fleurir les associations délivrant des bourses aux étudiants. Dans les deux cas, l'obtention de prêts serait soumise à la capacité des candidats à convaincre les prêteurs, et donc à fournir des résultats. Ce principe de responsabilisation favoriserait la réussite scolaire et permettrait aux plus méritants de poursuivre des études.
Le minarchisme est une théorie politique appelant de ses vœux un État minimum (ou État minimal), réduit dans de strictes limites de légitimité. Le terme date vraisemblablement des années 70 et est l'équivalent français du minarchism anglais.
L'État étant caractérisé comme un monopole de la violence, ses prérogatives légitimes sont souvent identifiées aux seuls domaines où la violence est justifiée, les «fonctions régaliennes» de l'État : le maintien de l'ordre, la justice, la défense du territoire. On parle alors d'État gendarme. Parfois, les minarchistes assignent aussi à l'État des infrastructures qu'ils jugent essentielles, comme par exemple la voirie.
Le minarchisme, appelant à une limitation de l'État, est donc une variante du libéralisme et s'oppose donc à l'étatisme. Au sein du libéralisme, on lui opposera l'anarcho-capitalisme.
En marge intellectuelle du minarchisme (mais avec une assise politique bien plus étendue), on peut trouver des sociaux démocrates, et des néo-conservateurs, qui ont une vision très proactive du maintien de l'ordre par l'État.
Au XIXe siècle le monopole public a été graduellement réduit, le plus souvent par l'action des libéraux : la loi Guizot libéralise l'enseignement primaire en 1832, la loi Falloux, nommée d'après le catholique libéral Alfred de Falloux (1811-1886), libéralise l'enseignement secondaire en 1850, et la loi Dupanloup (1802-1878) libéralise l'enseignement supérieur en 1875. En revanche, la fin du Xxe siècle voit une régression sous l'influence des thèses égalitaristes : plan Langevin-Wallon (refus de la sélection, «justice à l'école»), collège unique, carte scolaire, &c.
Sur la grève, ce qui m'échappe toujours, c'est la culture de la grève préventive qui domine dans notre pays, en particulier. Une proposition est souvent faite, par un gouvernement dont la couleur politique importe peu, et donne lieu à un déchaînement de mouvements sociaux protestataires qui appellent à la grève et manifestent dans les rues avant même d'avoir donné le droit à l'expérimentation. Nous pouvons ainsi observer une grave déficience du dialogue social, liée sans doute au fait que les organisations syndicales représentent une très faible partie de la population active. Il me semble, personnellement, que les syndicats auraient davantage à gagner s'ils pouvaient légitimement parler au nom d'une portion congrue de travailleurs. Je ne rejoins pas, cela étant, la proposition qui était faite par Ségolène ROYAL durant sa campagne présidentielle, visant à rendre obligatoire pour tout travailleur le fait de de syndiquer.
Je laisse à la réflexion collective quelques citations :
«Seule l'éducation qui est une fin en elle-même est véritablement libérale ou gratuite» - John DEWEY, in Democracy and Education.
«À la tête d’un gouvernement, c’est déjà faire beaucoup de bien que ne pas faire de mal» - J.-B. Say
«N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième.» - F. Bastiat
«Concernant l'éducation, l'argument primordial en faveur de son assistance par le gouvernement est que les enfants ne sont pas encore des citoyens responsables et ne peuvent être supposés capables de savoir ce dont ils ont besoin, ni ne possèdent de ressources qu'ils pourraient consacrer à l'acquisition du savoir ; les parents, de leur côté, ne sont pas toujours capable ou désireux de d'investir, dans l'éducation des enfants, autant qu'il serait nécessaire pour que les fruits de ce capital immatériel correspondent aux fruit du capital matériel investi. Ce raisonnement s'applique seulement aux enfants et mineurs. Mais il est complété par une autre considération qui s'applique aussi aux adultes, c'est que l'éducation peut éveiller en ceux qui la reçoivent des capacités dont il n'avait pas conscience. Ici encore, l'on peut fréquemment soutenir que c'est seulement si l'individu est assisté pendant les premiers stades de sa formation, qu'il sera en mesure de développer ensuite ses potentialités à sa propre initiative. Qu'il y ait de solides arguments pour que le gouvernement finance au moins une instruction générale n'implique cependant pas que cette éducation doive aussi être administrée par l'état, et encore moins qu'il doive en avoir le monopole.» - F. Hayek
«Une éducation générale et étatisée n'est qu'un appareil à façonner les gens pour qu'ils soient exactement semblables entre eux ; et le moule utilisé est celui qui plaît aux pouvoirs prépondérants dans le gouvernement, que ce soit un monarque, un clergé, une aristocratie, ou la majorité de la génération en cours, et dans la mesure où l'appareil est efficace et où il est réussi, il établit un despotisme sur les esprits qui, par une pente naturelle, conduit à un despotisme sur les corps.» - J. S. Mill
«L'Éducation Nationale se charge quand à elle de l'embrigadement des enfants. Cette structure tentaculaire est parfaite dans ce rôle. 99% des professeurs sont acquis corps et âme à la gauche la plus à gauche qui soit, et ils ont parfaitement conscience de leur place stratégique. Ils mettent donc la plus grande attention à diffuser des versions historiques remaniées, expurgées, triturées, afin que la vérité en cours au sein de l'État soit bien diffusée dans les générations suivantes. Si cette vérité venait à changer, le conditionnement reçu interdit toute lecture critique de la presse et les informations reçues sont automatiquement assimilées en lieu et place de l'ancienne vérité.» - H. Duray, in L'état est une secte
«Au lendemain de la guerre, en 1947, les communistes Langevin et Wallon proposèrent de réaliser en France l'école unique, creuset de l'homme nouveau socialiste. Repoussé par deux fois à la Chambre sous la IVe République, ce projet fut mis en œuvre, paradoxalement, par De Gaulle au début de la Ve. (...) Dès cette date, l'Éducation ne fut plus nationale. Elle fut, de jure, cogérée par le ministère et les syndicats. De facto, elle fut gérée par les syndicats seuls, car les ministres passaient (et souvent sautaient), alors que les syndicats restaient. Je dis bien que l'Éducation «nationale» usurpe désormais ce qualificatif, car la nation, qui n'a d'autre organe d'expression que le suffrage universel , et d'autres représentants légitimes que le Parlement et le Gouvernement, n'eut plus jamais, de ce jour, son mot à dire dans la politique éducative du pays.» - Ph. Nemo
«Si vous pensez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance!» - Derek Bok
Enfin, pour revenir à la situation qui nous préoccupe à MSA, la Ville aurait pu mettre l'équipement scolaire à disposition des parents, qui auraient pu prendre en charge l'ensemble des enfants pour leur permettre de faire des activités sportives, d'éveil, de loisir, pour entretenir la lecture, le dessin ... Finalement, c'aurait été une journée d'école à la maison ... à l'école ! Plus simplement, l'accueil à l'école des enfants sans cours ou sans activité scolaire, procède effectivement en soi d'un service minimum, auquel je me suis toujours opposé. Encore une fois, le service public n'a de sens, dans sa définition même et dans les principes qu'il véhicule, que s'il est garanti, c'est-à-dire total. Au service public minimum, j'oppose la nécessité d'observer un service public maximum. Il semble que nous soyons, en France, bien loin de cette politique ...
Après avoir quelque peu contribué à orienter nombre de commentaires de ce billet, et considérant que celui-ci est un peu long, je vous laisse donc le digérer tranquillement, espérant qu'il suscitera des commentaires de qualité.
Je vous invite également à en retrouver l'essence à travers ma chronique libérale n°3 sur http://stradefi.over-blog.net/article-19702785.html et sur FaceBook : http://www.facebook.com/group.php?gid=15304312634 .
Librement,
SRDF
Rédigé par : Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | 19 mai 2008 à 16:35
@Jean-Pierre,
Ok! Je me fait une idée de votre point de vue. Et je pense revenir un peu dessus demain.
Bonne journée,
Rédigé par : Clô! | 19 mai 2008 à 11:28
@Clô!
Schématiquement, l'origine en est au premier billet de LC sur la grève où SRDF se disait peu concerné, puisque libéral, et offrant une liste de fonctions régaliennes où ne figurait pas l'éducation. Je me suis permis d'apporter cette précision ici et jfg nous a proposé la lecture de son long commentaire, intéressant et polémique à la fois. J'ai tenu à remettre l'extrait de Malthus dans son contexte... Oualà oualà... :-)
@jfguillou
J'en profite pour dire que s'agissant de violence, le vingtième siècle n'a pas été en reste et que cette violence, il me semble, n'a pas été le fait des libéraux, fussent-ils sauvages ou naturels...
De plus, il est tout à fait possible que vous soyez le produit de la compétition que vous dénoncez... Imaginons que vous soyez professeur d'histoire, vous devez alors avoir suivi une scolarité avec un certain succès, probablement un travail assidu et, je n'en doute pas, une certaine intelligence... Peut-être êtes vous passé par une grande école nationale, je ne sais pas... En tous cas, pour moi dont la scolarité fut ce qu'elle fut, vous faites partie des meilleurs et des meilleurs, il en faut pour tirer vers le haut tout ceux qui rencontrent des difficultés... Ce serait dommage que notre société ne tire pas avantage des meilleurs d'entre nous, non.
Bonne journée ensoleillée mais frisquette... :-)
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 19 mai 2008 à 10:05
@jfguillou et jean-Pierre,
Je trouve vos longs posts particulièrement intéréssants, mais, je n'arrive pourtant à faire le lien entre ces derniers et le billet de LC.
Pourriez vous, s'il vous plait, faire LE lien analytique (le votre qui apporte votre point de vue) entre les propos que vous rapportez et le billet de LC?
En effet, les infos contenues dans vos posts sont trop vastes de sens et trop lourd de vérité pour être finalement abandonnées sans ordre dans ce couloir de commentaires...
Bien à vous,
Clô! (intéressée!) 8-D)
Rédigé par : Clô! | 19 mai 2008 à 01:01
@Leonardo,
... De la démago! Je dirais même plus... du prosélitisme!
C'est vrai que "l'UMP de droite extra militante" a besoin de faire sa "propagande" ces temps-ci...
@jfguillou,
Recevez mon entière approbation pour votre dernier post.
Cordialement,
Clô!
Rédigé par : Clô! | 19 mai 2008 à 00:43
Ben moi,veinard comme je suis, je l'ai eu.
Agression des familles de la part de Pierre Leautey, et défense des familles de la part de Nicolas Sarkozy (il est vrai que lui, question "familles", enfin passons...)pour résumer.
Bon, c'est un gentil petit tract démago qui est de bonne guerre, dirais-je.
Ca vole pas haut, c'est le moins qu'on puisse dire, mais l'audace a fait le métier avec l'action.
La génie , lui, devait être en panne d'inspiration, mais bon, ça doit être l'approche des vacances, à moins qu'on n'ait bientôt un machin sur les justes 41 annuités (réclamées au seniors qui sont pour 62% au chomage après 55 ans), ou un couplet contre ces privilégiés qui gagnent 1000 euros par mois(mais qui profitent abusivement des RTT, évidemment).
Donc, voila , rien de bien méchant, juste cette capacité à monter systématiquement les gens les uns contre les autres.
Le boulot, quoi...
Rédigé par : leonardo | 18 mai 2008 à 17:49
Je mets un passage plus complet des paroles de Malthus, histoire de compléter le post de jfguillou :
L'abbé Raynal s'exprime ainsi: « Avant toutes les lois sociales, l'homme avait le droit de subsister. » 1 Il aurait pu dire avec tout autant de vérité qu'avant l'établissement des lois sociales, tout homme avait le droit de vivre cent ans. Sans contredit, il avait ce droit et il l'a encore ; bien plus, il a le droit de vivre mille ans, s'il le peut, et si cela ne nuit pas au droit que les autres ont eux aussi de vivre. Mais dans l'un et l'autre cas, il s'agit moins d'un droit que d'une possibilité. Les lois sociales augmentent beaucoup cette possibilité en mettant en état de vivre un grand nombre d'individus qui ne pourraient pas le faire sans elles; en ce sens, elles étendent grandement le droit de subsister. Mais jamais - ni avant ni après l'institution des lois sociales - un nombre
illimité d'individus n'a joui de la faculté de vivre; et, avant comme après, celui qui a été privé en fait de cette faculté a été du même coup privé du droit d'exister 2.
Si les vérités immanentes sur ce genre de sujets étaient plus répandues, si les classes inférieures de peuple pouvaient être convaincues qu'en dehors de la propriété - qui est absolument nécessaire pour obtenir une grande production - aucune loi de la nature ne permet à quelqu'un de réclamer le droit à la subsistance s'il n'est pas en mesure de l'acquérir par son travail, eh bien! la majeure part des lamentables discours sur les injustices sociales perdraient leur force et tomberaient à terre. Les pauvres ne sont nullement des visionnaires! leurs maux sont toujours réels, bien qu'ils se trompent sur les causes. Si ces causes leur étaient donc bien expliquées, si on leur apprenait à déceler quelle part est attribuable au gouvernement dans leur misère actuelle, et quelle part est étrangère à son action, le mécontentement et la fureur se manifesteraient moins souvent dans les classes inférieures ; ou lorsqu'ils apparaîtraient, ce serait avec moins de violence. Les tentatives de mécontents turbulents appartenant aux classes moyennes pourraient être méprisées sans risques si les pauvres étaient mieux éclairés sur la vraie nature de leur situation, et s'ils étaient capables de se rendre compte qu'en aidant ces turbulents dans leurs projets de réforme ils ne font probablement que servir les vues ambitieuses de certains individus, sans le moindre avantage pour eux-mêmes.
Les soutiens les plus efficaces de la tyrannie sont sans contredit les discoureurs qui attribuent les souffrances des pauvres (et presque tous les maux qui accablent la société) aux institutions humaines et à l'injustice des gouvernements. La fausseté de ces accusations et les funestes conséquences qu'elles auraient si elles étaient généralement
répandues, nous imposent de les réfuter à tout prix. Non seulement à cause des horreurs qu'on peut attendre d'une révolution populaire (et cette considération doit toujours être d'un grand poids dans notre opinion), mais aussi parce qu'il est infiniment probable qu'elle aboutirait à un despotisme pire encore que celui qu'elle aurait détruit. Il ne faudrait donc pas s'étonner si l'on trouvait alors des amis sincères de la liberté et de zélés défenseurs des véritables droits de l'homme dans les rangs des
défenseurs de la tyrannie. Une cause en elle-même mauvaise pourrait alors être soutenue par des hommes valables et vertueux, pour la seule raison que la cause opposée apparaîtrait comme pire et que l'on se trouverait dans l'obligation de choisir entre les deux.
1 En français dans le texte. Citation extraite de Raynal, « Histoire des Indes », vol. X.
2 On peut rapprocher de cette argumentation le fameux passage de la première édition du « Principle of Population », que Malthus a d'ailleurs supprimé dans les éditions ultérieures: « Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s'il ne peut obtenir de ses parents la subsistance, et si la société n'a pas besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture, et en fait il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert mis pour lui. Elle lui commande de s'en aller, et eue met eue-même promptement ses ordres à exécution s'il ne peut recourir à la compassion de quelques-uns des convives du banquet »
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 18 mai 2008 à 17:47
J'ai envie de rappeler que rien n'est figé et que de nouvelles élections auront lieu dans quelques années... Alors d'ici là, vivons ensemble... Madame Guéguot a été battue par monsieur Léautey. C'est un fait. Les faits sont tétus, de plus... Il y a quand même une ou plusieurs raisons à sa défaite, bon sang de bonsoir. Monsieur Léautey n'était pas dans chaque isoloir à menacer les électeurs, que je sache... Alors, si on pouvait éviter ces commentaires inutiles... Sans censure... :-)
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 18 mai 2008 à 17:43
@ pierre ghio
"papier" : pas dans toutes les boîtes.
"génie incompris" : sans doute et pour l'heure assurément.
"maire sectaire" : tout le monde en parle. Vous auriez pu ajouter nocif, nuisible, intolérant, violent, abominable. C'est très probablement ce qu'auront ressenti ceux qui ont visionné sur ce site la vidéo de M. Cervoni le montrant accueillir la Conférence sur l'Europe qui s'est tenue à Mont Saint Aignan à la Maison de l'Université.
"liste de droite complaisante" : je suppose que vous ne parlez pas de celle des "incompris".
Cordialement à vous.
Rédigé par : jfguillou | 18 mai 2008 à 15:24
j'ai trouvé ce matin dans ma boite aux lettres un papier de (MSA de l'audace dans l'action) sur la gréve dans les écoles.
C'est sans doute le génie incompris de Françoise Guégot : il réléve ce qui restait caché sa combativitée face à un maire sectaire et une liste dite de droite complaisante pour l'instant.
Vous seule Françoise Guégot vous pouvez défendre toutes les catégories sociales de MSA continuée
Rédigé par : pierre ghio | 18 mai 2008 à 12:56
LIBERALISME(S)
Nous en revenons donc aux fondamentaux définis par Adam Smith en 1776 dans son Essai sur la richesse des nations : "dans le système de la liberté naturelle, le souverain n'a que trois devoirs à remplir (...) à la portée d'une intelligence ordinaire (...) : défendre la société contre tout acte de violence ou d'invasion (police et armée), (...) protéger autant qu'il est possible chaque membre de la société contre l'injustice (justice) (...) et devoir d'ériger et d'entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé (...) ne pourrait jamais (...) porter à ériger ou entretenir parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense (...) quoiqu'à l'égard d'une grande société, ce profit fasse beaucoup plus que rembourser les dépenses."
Il ne s'agit pas ici de dénigrer la notion de profit, qui est la base de toute activité humaine, mais de s'interroger comme le pointe justement Adam Smith sur la question du court ou du long terme. Il me semble que c'est par là que passe le clivage entre ultra-libéraux, socio-libéraux et démocrates-sociaux. Les limites de l'idéologie libérale tiennent dans ces "devoirs" définis par Adam Smith et dans l'obligation pour une société qui se veut "grande" de prendre en charge ce long terme. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la solidarité, qui irrite tant les impatients et les ambitieux. A ceux-là, je propose la solution évoquée par Malthus dans son Essai sur le principe de population (1798) : "Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s'il ne lui est pas possible d'obtenir de ses parents les subsistances qu'il peut justement leur demander, et si la société n'a nul besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la moindre part de nourriture et, en réalité, il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert disponible pour lui ; elle lui ordonne de s'en aller, et elle ne tardera pas elle-même à mettre son ordre à exécution, s'il ne peut recourir à la compassion de quelques convives du banquet."
Cette violence, c'est celle que peut générer un libéralisme mal compris. Je ne doute pas que les libéraux qui s'expriment sur ce blog ne partagent pas les idées de Malthus, mais il n'empêche que ce qu'exprime Malthus, c'est la logique libérale pure, débarrassée des garde-fous posés par Adam Smith. Si le socialisme est né, c'est parce que le libéralisme théorisé par Adam Smith n'a pas su de lui même se fixer ses propres limites qui tiennent tout simplement au respect de la personne humaine. On parle parfois de "libéralisme sauvage". L'expression est impropre et ne fait que révéler la gêne de ses partisans. Il serait plus juste de parler de "libéralisme naturel". Le libéralisme, c'est la loi de la nature appliquée à l'économie : que le meilleur gagne. De cette compétition est censé sortir un mieux pour l'espèce. Mais quelle espèce ? Celle des meilleurs?
Rédigé par : jfguillou | 18 mai 2008 à 01:26
@ Jean-Pierre Godefroy :
Parfaitement d'accord avec vous ! L'Education ainsi que la Santé, je les ajoute à la Défense, la Justice et la Police. Ce sont les cinq fonctions régaliennes de l'Etat, selon moi. Etant fédéraliste, je considère que l'Aménagement du Territoire, l'Urbanisme, l'Equipement, l'Agriculture, l'Industrie ... doivent plutôt relevr, selon un principe de subsidiarité, des collectivités (régions et intercommunalités, puisque je plaide en faveur de la suppression des Départements).
Bien à vous,
SRDF
Rédigé par : Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | 17 mai 2008 à 23:01
D'accord avec jean, des infos précises seraient accueillies avec plaisir. Pas d'accord avec lui, par contre sur la position de madame Gest. C'est la démocratie ;-)
Pour répondre à jfguillou, il reste des choses à régler, sur le plan juridique, en effet, mais les communes accueillent déjà des enfants en centre aéré, je ne vois pourquoi elles ne pourraient pas le faire dans le cas d'une grève des enseignants...
La Garderie nationale, c'est bien trouvé, mais à mes oreilles, ça sonne comme un slogan, en tous cas pas comme un élément de dialogue. Personne dans l'histoire ne demande aux enseignants de faire de la garderie. Il est juste demandé à ce que les enfant puissent être accueillis. Ce n'est pas du tout la même chose.
Et personne ne conteste la mission des enseignants, vous en rappelez d'ailleurs la longue liste.
J'en profite pour dire à SRDF que l'éducation pourrait très bien faire partie des fonctions régaliennes de l'État, avec la justice, la sécurité et la défense. Au moins pour l'éducation primaire et secondaire...
Bonne journée à tous
Rédigé par : Jean-Pierre Godefroy | 17 mai 2008 à 12:06
surprenant de votre part d'assimiler "transparence" et "polémique" ; des infos précises de la ville seraient les bienvenues; surtout que j'approuve sa position s'il s'agit bien de celle exprimée par Mme Gest!
En tout cas sur le fond vous avez raison: " l'école publique n'est pas la garderie nationale"
Rédigé par : jean | 16 mai 2008 à 13:29