Pas de "briseurs de grève" à Mont Saint Aignan ?
L'an dernier, le gouvernement avait lancé une mesure controversée consistant à demander aux employés municipaux d'assurer un service minimum dans les écoles primaires où les enseignants faisaient grève.
Une convention avait été signée entre la Ville de Mont Saint Aignan et l'Etat et avait fait l'objet d'un débat en Conseil Municipal. Au cours de ce débat (le 22 février), l'opposition PS et Autrement s'était abstenue, le PC (Mme Gest) avait voté contre. Vous retrouverez ce débat en vidéo dans cette note.
Pour résumer la vidéo, M. Léautey n'était pas opposé à la mesure mais il lui semblait que les élèves pouvaient être reçus même sans ce dispositif. Il demandait plus d'éléments de comparaison pour se prononcer. L'adjointe aux Affaires Scolaires faisait observer que, sans ce dispositif, les classes recevant les élèves étaient surchargées. Elle indiquait que les parents s'organisaient aussi pour ne pas envoyer leurs enfants en classe lors de jours de grève et qu'enfin, le nombre d'enseignants grévistes était faible à Mont Saint Aignan. Pour mémoire, au niveau national, le PS avait clairement indiqué son opposition à cette mesure.
Cette année, la convention a été de nouveau proposé par le gouvernement dans le même contexte de controverse (voir les articles du Monde ou de Libé, par exemple).
J'ai donc interrogé par courrier électronique la Mairie pour savoir quelle serait la position de la Ville cette année.
Peu de temps après, j'ai découvert qu'un mail a été envoyé aux Directrices d'Ecoles de Mont Saint Aignan répondant à ma question :
Grève du 15 Mai 2008
Mesdames les Directrices,
Je vous informe que la Ville de Mont-Saint-Aignan ne souhaite pas renouveler l'expérience du service minimum d'accueil des élèves par des animateurs périscolaires, lors de la grève du jeudi 15 mai prochain. Vous remerciant par avance de votre coopération dans l'information des parents, je reste bien sûr à votre disposition pour en discuter.
Martine Gest
Adjointe au Maire chargée des affaires scolaires
Quelle est votre position sur le dispositif, sur la décision de la Mairie, en tant que parents, qu'enseignant, comme lecteur du blog :-) etc... ?
Bien entendu, j'espère recevoir un message détaillé de la Mairie d'ici quelques jours.
Mise à jour :
Je découvre une coïncidence amusante.
J'ai posé ma question par courrier électronique à la Ville le 6 mai à 11h43. Le courrier ci-dessus a été adressé aux Directrices d'Ecoles le 6 mai à 15h14. Est ce que j'aurais servi de rappel ? Ce serait amusant. Dommage de ne pas m'avoir mis en copie du courrier aux Ecoles, il répondait à ma question... :-D


@Jean-Pierre,
... C'est vrai, vous avez raison! 8-)
Bonne journée plein de soleil!
Clô!
Rédigé par: Clô! | le 12 mai 2008 à 11:09
@Clô!
Je comprend ce que vous voulez dire et je pense que vous avez raison sur nombre de points. On peut voir dans ces « luttes », une sorte de jeu auquel se livrent les différents protagonistes, un jeu parfois pervers, dans le sens où chacun veut amener l'autre à son point de vue... sans trop se préoccuper des difficultés rencontrées, dans ce cas, par les parents et même par certains enseignants.
Ne vous laissez pas trop envahir par la tristesse, nous, les humains, sommes capables de bien pire, malheureusement :-)
Bonne journée
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 12 mai 2008 à 10:56
@Jean-Pierre,
Je pense que c'est triste d'arriver au point de non retour (les grèves) quand on fait corps avec l'enseignement.
Sans faire de politique sur ce sujet, je pense que l'amalgame est vite fait entre:
Suppession de poste et débat sur l'instauration du service minimum.
Je pense que l'un se sert de l'autre pour revendiquer son droit d'être légitimement et réciproquement. (gouvernement-enseignants)
Le tout en prenant en otage l'opinion publique dont on sait qu'inévitablement, les parents concernés seront plus souples avc l'idée de Mr Darcos.
C'est encore un porte à faux et je trouve cela... triste d'en arriver là! Voilà!
Rédigé par: Clô! | le 11 mai 2008 à 18:47
Je suis d'accord pour dire que, comme souvent, de la théorie à la pratique, il y a parfois quelques difficultés particulières. Mais globalement, elles ne me semblent pas insurmontables dès lors que les parents communiquent et s'organisent entre eux.
Mais de toute façon, la contrainte est présente. Autant que les revendications des enseignants ? A chacun de juger ...
SRDF
Rédigé par: Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | le 11 mai 2008 à 16:24
@SRDF, merci pour ce long commentaire clair, net et précis... :-)
J'adhère à vos propos, au mojns sur le plan théorique, car au plan pratique, ce n'est peut-être pas forcément aussi simple. Un peu de bonne volonté ne suffit pas forcément... :-)
S'agissant du couple « service public / droit de grève », là, vous touchez au tabou. Mais pour le moment, les lance-flammes semblent être restés au placard... :-)
Bonne journée. JPG
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 11 mai 2008 à 12:13
Personnellement, la décision de la Municipalité correspond -sur le fond - à l'une de mes convictions politiques majeures. Cela semble paradoxal ? Pas tellement, à vrai dire. Certes, je suis libéral. Ce qui signifie bien que je réduis idéalement les pouvoirs publics à leurs fonctions régaliennes, ce qui revient à prôner "le moins d'Etat possible, autant d'Etat que nécessaire", puisque tel est le credo des Libéraux-Démocrates.
Comme j'ai souvent eu l'occasion de le dire auprès des médias depuis deux ans, le service public ne peut pas être un service minimum sans être un service au rabais ! Le service public ne peut pas être un service minimum ! Le service public doit être garanti, c'est-à-dire maximal ! Sinon, se perd le principe, l'essence même de la notion de "service public". Alors, sans entrer dans la question du droit de grève (il est évident qu'il ne s'agit pas d'ôter le droit de grève aux fonctionnaires, même si l'on peut s'interroger sur la contradiction entre les notions de service public (garanti) et droit de grève), il faut se poser la vraie question pratique : que peuvent faire les parents qui ne peuvent se libérer pour garder leurs enfants ?
On peut se dire que si le service public était réellement garanti, les enfants seraient gardés par le personnel municipal dans les écoles. Ce serait une "dérive de la pensée". Le service public de l'Ecole, ce n'est pas la garderie, c'est l'éducation et les prémisses d'un enseignement. Dans "service public", on a un peu trop tendance à considérer l'adjectif davantage que le nom commun : avant d'être public, c'est d'abord un service. Et le contenu, l'objet de ce service public de l'Ecole ne se confond pas avec d'autres.
Mais ce sont là des questions d'idéologie dont les parents ont bien le droit de se fiche quand ils sont confrontés à la situation dont nous parlons. Alors que faire ?
Je ne suis pas moi-même parent d'élève, mais j'imagine fort bien les contraintes posées par une telle situation. Et quand j'en parle avec mes amis qui sont parents, je leur dis que la solution découle de la sphère privée, les parents d'élèves s'associant pour garder chez quelques-uns les enfants de plusieurs, ce qui est un bon moyen d'entretenir les relations entre les enfants, d'une part, et de renforcer les liens entre les parents d'élèves. C'est du lien social 100 % privé, finalement ! Merci, le service public, de favoriser ainsi la sphère privée !
;-)
Organiser des activités en jardin avec plusieurs enfants, un goûter, des jeux ... pas tout à fait des vacances, mais tout comme. En tâchant d'apporter aux enfants ressources d'éveil et d'épanouissement, en attendant de reprendre le chemin des écoliers ...
SRDF
Rédigé par: Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE | le 10 mai 2008 à 12:00
@Leonardo. Pas de problème...
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 09 mai 2008 à 17:52
@ Jean Pierre Godefroy.
Là, vous renversez un peu la charge de la preuve, Jean Pierre, si vous me le permettez..
Vous vous étonnez que Clo et moi ne nous exprimions pas sur ce sujet.
OK, pourquoi pas?
Tres bien.
Clo vous répond, et moi aussi.
Et vous me reprochez ma réponse..?
Ben, je vous réponds, sur un sujet que je n'ai pas sollicité, c'est tout...en précisant qu'il y a des sujets sur lesquels je n'ai pas d'avis définitif, qui plus est.
Ca peut arriver à chacun d'entre nous, non?
Bon week end et bonne soirée.
Rédigé par: leonardo | le 09 mai 2008 à 17:13
@Jean, l'école ça n'est pas que les maîtres, justement, vous le dites vous-même. Nous parlons d'accueil, pas d'enseignement.
Puisque visiblement vous êtes géné par le fait que la commune puisse « prêter » des personnes pour faire cet accueil, on pourrait peut-être permettre aux parents d'élèves qui le peuvent de venir ce jour-là pour accueillir les enfants... Ainsi, les enfants sont accueillis et la commune n'a pas répondu à la demande de monsieur Darcos...
Bonne soirée
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 09 mai 2008 à 17:04
@Clô!, j'ajouterais volontiers que : Tout dépend où on se place, par rapport à l'idée qu'on s'en fait... :-)
Mais plus sérieusement, pourquoi trouvez-vous triste d'en arriver là ? Le monde bouge et avec lui les rapports de force entre enseignants et parents d'élèves et plus généralement entre certaines catégories de personnes dont les intérêts sont divergents. Le parcours des individus ne peux pas être linéaire. Le parcours d'une société non plus. J'y vois un fait plutôt encourageant. L'histoire nous montre que les sociétés zigzaguent, il leur arrive même d'aller dans le mur, malheureusement. Pour éviter ces accidents-là, je veux bien que l'on introduise du jeu... et permettre à des parents de laisser leurs enfants à l'école les jours de grève permet d'en introduire... Libre à chacun de protester avec les enseignants et de garder ses enfants avec soi. Encore faut-il le pouvoir... :-)
@Leonardo, qui vous parle des enseignants dans les termes que vous citez ? Pas moi, en tous cas. et si je relis tous les posts, vous êtes même le seul. OK, vous raillez, mais n'empêche.
Maintenant, excusez-moi, mais oui, il y a des parents qui bossent dur pour faire bouillir la marmite. Vous n'en connaissez pas ? Ce sont d'ailleurs toujours les oubliés pour ne pas dire les dindons de la farce et moi, c'est ça qui me gonfle grave. :-)
Bon week end, toutefois...
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 09 mai 2008 à 16:56
Non pas exact, Monsieur GODEFROY ! les communes gèrent les bâtiments, les personnels d'entretien, les cantines ....mais pas la pédagogie et les maitres ! or ce sont les maitres qui sont en grève, c'est donc à leur employeur (M.Darcos) de voir ce qu'il veut faire, sans reporter sur les autres une responsabilité qui est la sienne !! s'il veut embaucher des intérimaires qu'il le fasse!!!
Rédigé par: jean | le 09 mai 2008 à 16:44
@Jean Pierre Godefroy.
Je revendique de ne pas d'avoir d'avis sur tout..Mais, bon, puisque vous me sollicitez...
Honnêtement, la réquisition du personnel municipal, pas forcément adapté à la garde d'enfants, me gène.
Ce qui me gène aussi, c'est plus globalement, cette tendance à opposer les gens les uns aux autres, et dans le cas mentionné, les "gentils parents qui travaillent" aux "mauvais fonctionnaires qui n'en branlent pas une".
Cette réthorique me gonfle grave depuis un an et plus...et je peux comprendre qu'on n'adhère pas à ce plan de sauvegarde des "gentils enfants laissés a l'abandon pendant que Papa et Maman essaient , au prix de leur sueur, de faire bouillir la marmite".
Accessoirement, je me dis peut etre que dois relire Marx.lol...
Rédigé par: leonardo | le 09 mai 2008 à 13:08
@Jean-Pierre,
Je n'ai pas vraiment de point de vue sur ce sujet, parce que d'une part, je le trouve complexe et d'autre part, très triste d'en arriver là.
Je fais partie de cette génération "chérie" par leurs profs! Celle qui a eu le meilleur des profs et même de l'éducation nationale.
"Je suis de la vieille école!" 8-D Celle où toutes ces réalités collectives et malheureuses n'existaient pas!
En revanche, sans considérer mon passé, j'admettrais volontiers qu'il n'est pas nécessaire de créer un dispositif pour acceuillir les enfants.
Donc, pour répondre aux questions de Laurent.
Oui, je trouve que l'idée d'un dispositif n'est PAS FORCEMENT nécessaire. (Cela dépend du bon vouloir de chacun et dans l'organisation, l'entente du monde dans les communes.)
Oui, l'avis de la mairie sur le sujet concernant MSA et pour le peu que je saches, me parait compréhensible.
TOUT DEPEND TOUJOURS DANS QUEL SOUCI, QUEL BUT ET QUELLE INTENTION ON SOUHAITE FAIRE OU NE PAS FAIRE LES CHOSES!?!
Bonne journée à vous Jean-Pierre 8-)
Clô!
Rédigé par: Clô! | le 09 mai 2008 à 10:49
@Démocratie : On est bien obligé de faire le constat, effectivement. La vidéo présentée par LC le montre sans ambiguïté.
@Jean : Je ne vois pas trop comment l'État pourrait faire quoi que ce soit sans être accusé de briseur de grève pour le coup. Il est demandé aux communes (qui sont gestionnaires des écoles), d'aider à accueillir les enfants. Elles le acceptent de le faire ou pas. Il me semble que la prise de position sur cet accueil est souvent politique et c'est dommage.
@ Clô! et Leonardo : Pas d'avis sur la question ? :-)
Bonne journée à tous
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 09 mai 2008 à 09:20
Vous avez raison : les enfants n'ont pas à être pris en otage .
Mais qui est en grève? Les enseignants
Qui est leur employeur ? L'éducation Nationale
Pourquoi demander, parce que l'Etat et le gouvernement se défilent, aux communes de se substituer ?
C'est à l'Etat de prendre les dispositions nécessaires !
Rédigé par: jean | le 09 mai 2008 à 09:04
Si la position de Mme Gest peut se comprendre puisque ce sont ses convictions, ce qui est moins normal, c'est le procédé. L'an dernier, il y avait eu débat et vote. Cette année, décision unilatérale. Belle exemple de démocratie.
Rédigé par: Démocratie | le 08 mai 2008 à 12:42
Sans remettre en cause le droit de grève qui appartient à notre constitution cette mesure est une avancée démocratique évidente puisqu'elle autorise l'accueil des enfants sans que les parents, contraints, aient recours aux RTTs "imposées" (ils n'ont pas choisi la date), aux "arrêts maladie", à la nounou ou baby sister, à la famille, aux amis, ... Evidemment l'accueil ne pourra garantir que les enfants récupéreront l'intégralité de l'enseignement non dispensé les jours de grève d'un personnel enseignant dont les représentants n'ont que faire de leurs devoirs... A Mont-Saint-Aignan les enfants y ajouteront le fait que la nouvelle équipe municipale vient de s'affranchir de ses devoirs d'accueil...
Rédigé par: Donatien 76 | le 08 mai 2008 à 12:09
Tout d'abord, j'espère que le titre de votre billet est de l'ironie... ;-)
Je ne suis plus parent d'élève, mais je l'ai été. C'est donc en tant que lecteur que je m'exprime.
Le dispositif destiné à maintenir l'accueil des élèves à l'école les jours de grève, me paraît aller dans le bon sens. Il me semble que les enfants n'ont pas à être les victimes d'un conflit qui ne les regarde en rien.
La position de madame Gest est fort regrettable. Il me semble que l'école n'a pas a être le lieu de luttes idéologiques. L'école publique est l'école de TOUS, ou alors je n'ai rien compris à la République. :-)
Rédigé par: Jean-Pierre Godefroy | le 08 mai 2008 à 11:03
cette position de Madame Gest est claire ; elle balaie les hésitations surprenantes de M.Leautey sur ce dispositif invraisemblable ou le Gouvernement repasse la gestion de la grève de ces personnels à d'autres employeurs que sont les communes! Bel exemple de défosse et d'absence de courage politique !
Rédigé par: jean | le 08 mai 2008 à 10:26