En 2001, sur 7555 bulletins exprimés, Françoise Guégot obtenait 4 065 voix et Pierre Léautey 3 490 suffrages.
Sept ans plus tard, alors que 1 079 électeurs supplémentaires se sont exprimés, Pierre Léautey progresse de 495 voix et Françoise Guégot perd 477 électeurs. Le troisième candidat, Philippe Grigy, capitalise quant à lui 1 061 électeurs.
Je ne me risquerai pas à déterminer quels sont les électeurs qui se sont déplacés sur tel ou tel candidat. En effet, en 7 ans, l'électorat évolue et se renouvelle.
L'échec de la liste sortante est, sans doute, en partie liée à son incapacité à s'associer avec P. Grigy qui s'était désisté pour elle en 2001, mais il n'est pas certain qu'un désistement de Philippe Grigy aurait assuré la ré-élection de Françoise Guégot (1000 voix à répartir entre de probables abstentionnistes et les deux listes).
Il est bien difficile de savoir si les 477 électeurs qui ont abandonné la liste de la majorité sortante sont retournés vers l'équipe de Grigy ou vers celle de Léautey. Mais, le seul fait indéniable est que la majorité sortante n'est pas parvenue à fidéliser son électorat pendant sa mandature.
Par exemple, il est probable que le dossier du Golf qui, sans être caricatural, devait plus concerner un électorat proche de la liste de Mme Guégot a pesé sur le scrutin. Le pouvoir d'influence de ces électeurs a sans doute été sous-estimé par l'équipe de Mme Guégot. La présence de la liste de P. Grigy a, peut être, offert à ces électeurs une opportunité d'envoyer un message à la liste sortante. Pierre Léautey en avait aussi fait un argument de campagne.
Un second facteur a visiblement été sous-estimé par l'équipe en place : la distance qui s'est créée entre les élus et les électeurs. L'équipe était sans doute convaincue de sa proximité avec les habitants de Mont Saint Aignan. Elle n'a pas mesuré que petit à petit, il me semble, elle n'avait pas cette proximité qui était attendue, espérée par les habitants. Le résultat des élections législatives était pourtant un indicateur auquel elle aurait du être plus attentive. Pour mémoire, l'écart était de 200 voix aux législatives alors que Nicolas Sarkozy venait d'être élu avec un score sans appel (sur Mont Saint Aignan) :
Nicolas Sarkozy : 6 327 soit 56,43% des exprimés
Ségolène Royal : 4 885 soit 43,57% des exprimés
Françoise Guégot : 4 310 soit 51,23% des exprimés (-2 017 voix par rapport aux présidentielles)
François Zimeray : 4 103 soit 48,77% des exprimés (- 782 voix par rapport aux présidentielles)
Passer de 1400 voix d'écart entre la Droite et la Gauche aux Présidentielles à 200 voix quelques mois plus tard aurait du déclencher un électrochoc dans l'équipe en place (même si les enjeux sont différents et la médiatisation plus faible, la Gauche n'ayant pas baissé dans les mêmes proportions que la Droite, il y avait là un sujet de réflexion !).
De leur côté, le PS et ses alliés ont donc fixé une large partie de leur électorat (ce
qui n'était pas si lisible la semaine dernière car le score de Philippe
Grigy avait progressé entre 2001 et 2008). L'évolution entre les élections présidentielles et les élections législatives le laissait pressentir.
L'augmentation des voix sur la liste de Pierre Léautey au second tour et le score de Philippe Grigy proviennent, aussi, sans doute des dossiers comme celui du Centre Culturel ou de sujets comme l'environnement insuffisamment adressés par l'équipe sortante. En effet, les résultats des bureaux de vote Camus et Saint Exupéry (directement concernés par ce projet) sont sans appel et très nettement en faveur de la liste de Gauche.
Dans ce contexte de désaffection de l'électorat de Droite, la liste PS-PC-Verts a insisté sur le rejet, notamment dans son dernier document de campagne ce qui a visiblement fini d'attirer les électeurs qui ont fait la différence.
Ces quelques réflexions sont destinées à lancer le débat. J'espère ne pas m'être trompé dans les chiffres. Il faudrait aussi analyser les résultats des dernières cantonales puisque les mêmes candidats étaient en lice.
Les commentaires récents